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Collision de galaxies *

Naturalisation : heureusement, la droite a instauré le contrôle de l'intégration à la communauté nationale...

Collision de galaxies

Je ne me considère pas vraiment de droite, même si un test politique pratiqué il y a une dizaine d'années me classait politiquement proche de DE VILLIERS. Pourtant, je ne suis pas vendéen et la dernière fois que je mis les pieds dans une église remonte à 2007.

Cependant, force est de constater que la droite a bien fait d'instaurer, pour la naturalisation, un contrôle de l'adhésion à la République : certains candidats à la naturalisation, qui osent contester les refus en justice (ils ne manquent pas d'air!!!) n'ont manifestement rien à faire en France.

Ils viennent généralement des pays musulmans si l'on regarde le contentieux. Les faits sont têtus ! Et j'écris "généralement" pour ne pas me prendre un procès pour avoir écrit "systématiquement" au cas où un malheureux arrêt trainerait quelque part qui ne concernerait pas un ressortissant d'un pays musulman.

Parmi les problèmes à relever dans ces décisions, leur incapacité à expliquer la laïcité ! ça ne s'invente pas !

illustration avec encore une sage décision de la CAA Nantes.

 

 

 

Naturalisation : heureusement, la droite a instauré le contrôle de l'intégration à la communauté nationale...

CAA de NANTES

N° 15NT03659   
Inédit au recueil Lebon
2ème chambre
M. PEREZ, président
Mme Valérie GELARD, rapporteur
Mme PILTANT, rapporteur public
TENOURI, avocat


lecture du mercredi 14 décembre 2016

REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

 


 

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B...D...a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 14 février 2013 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de naturalisation.
Par un jugement n° 1302454 du 30 septembre 2015, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 2 décembre 2015, M. B...D..., représenté par MeC..., demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Nantes du 30 septembre 2015 ;

2°) d'annuler la décision du 14 février 2013 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- le jugement attaqué est insuffisamment motivé ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- l'appréciation du ministre sur sa connaissance des institutions et valeurs de la République est erronée dès lors qu'il a pu répondre à l'ensemble des questions qui lui ont été posées lors de l'instruction de sa demande et que sa compréhension de la langue française lui permet d'exercer une activité salariée ;
- la seule circonstance qu'il a acquitté avec retard ses cotisations fiscales ne suffit pas à rejeter sa demande de naturalisation ;
- les périodes passées en séjour irrégulier, qui sont très anciennes, ne peuvent pas être retenues à son encontre ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 décembre 2015, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D...ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Gélard a été entendu au cours de l'audience publique.

1. Considérant que M. B...D..., ressortissant égyptien, relève appel du jugement du 30 septembre 2015 par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 14 février 2013 du ministre de l'intérieur rejetant sa demande de naturalisation ;

2. Considérant qu'aux termes de l'article 21-15 du code civil : " (...) l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger " ; qu'aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 susvisé : " (...) Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Ce délai une fois expiré ou ces conditions réalisées, il appartient à l'intéressé, s'il le juge opportun, de déposer une nouvelle demande " ; qu'en vertu de ces dispositions, il appartient au ministre de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite ; que, dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte le degré d'insertion professionnelle du postulant, ainsi que le niveau et la stabilité de ses ressources ;

3. Considérant que le ministre chargé des naturalisations a estimé dans sa décision du 14 février 2013 que le comportement fiscal de M. D...était sujet à critiques dès lors qu'il avait acquitté avec retard ses cotisations de taxe d'habitation et de taxe foncière des années 2009 à 2011 ; que le ministre a également fondé sa décision sur le fait qu'au cours de l'entretien du 28 novembre 2011, l'intéressé n'avait manifesté aucun attachement à la culture et aux valeurs de la communauté française et ignorait les droits et devoirs du citoyen, les principes de la République française, l'hymne national et le sens des notions de laïcité et de démocratie ;

4. Considérant, d'une part, qu'il y a lieu d'écarter le moyen tiré du défaut de motivation de la décision contestée que le requérant renouvelle en appel sans apporter de précisions supplémentaires, par adoption des motifs retenus par les premiers juges ;

5. Considérant, d'autre part, qu'il n'est pas contesté que M. D...a acquitté avec des pénalités de retard ses cotisations de taxe d'habitation et de taxe foncière au titre des années 2009 à 2011 ; que si, pour expliquer ces retards, l'intéressé invoque les problèmes de santé de son épouse et notamment son hospitalisation, il n'apporte aucun pièce justificative à l'appui de ses allégations ; qu'il ressort par ailleurs des pièces du dossier, et notamment de la grille d'entretien des connaissances de base renseignée par M. D...le 28 novembre 2011, que l'intéressé ne maîtrise pas entièrement la langue française et ne connaît ni les principes de la République, ni les droits et devoirs des citoyens ; que contrairement à ce que soutient le requérant, la décision contestée ne mentionne pas ses séjours irréguliers en France, lesquels présentent un caractère ancien ; que si M. D...entend se prévaloir des circulaires des 16 octobre 2012 et 11 juin 2013, ces dernières sont dépourvues de tout caractère règlementaire; que, dans ces conditions, en rejetant sa demande, le ministre, alors même qu'il n'en a pas prononcé l'ajournement, n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ;

6. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède, que M. D...n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, lequel est suffisamment motivé, le tribunal administratif a rejeté sa demande ;

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que M. D... demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;

DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. D...est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B...D...et au ministre de l'intérieur.

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