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Collision de galaxies *

Tomorrow in a year, opera electro de The Knife

Collision des galaxies
Tomorrow in a year, opera electro de The Knife

Cet opéra électro paraît s’inscrire davantage dans la continuité de la voie ouverte par le projet Fever ray que dans celle de Silent shout. L’ambiance y est parfois tribale en effet, le thème darwinien semble très porteur pour prolonger celle du disque de Karin Dreijer Andersson. Le mélange opéra et électro est parfois excellent, surtout lorsque la voix vient à se mêler avec la musique électronique pour donner l’impression d’un concert d’éléments naturels déchaînés. L’entrée dans le disque est difficile, notamment le premier CD, où l'électro est industriel. Le champ d’opéra rend l’ambiance parfois très déjantée, comme si the Knife avait voulu pousser le vice encore plus loin, franchir encore plus les limites du « barré ». Plusieurs écoutes attentives sont nécessaires et il faut s’armer de patience, car elle est volontairement mise à rude épreuve. Pour écouter le disque, il faut s’imaginer le monde se constituer par étapes, focaliser son imagination sur les éléments naturels qui l’habitent. Mais ce n’est pas une nature épanouie qui surgit, plutôt des paysages torturés, un monde accouché dans la douleur et le tumulte… un disque sans doute bien moins désincarné qu’au premier abord donc, s’il est rapproché de l’univers lugubre du duo : pouvait-il proposer autre chose, face à une nature si hostile ? Tout cela, le premier CD se charge de nous le révéler peu à peu. Il commence gentiment en nous titillant les oreilles de petits sons inoffensifs, pour se finir dans une formidable tempête. Dans l’intervalle, des sons qui nous donnent plutôt l’impression de visiter d’autres planètes et qui ont l’art d’épuiser peu à peu notre patience, de devoir faire face de plein front à la dureté de la création. Un monde froid, sans douceur. Les oreilles doivent parfois supporter un bourdonnement aigu de type acouphène et l’on se demande encore à quoi bon s’accrocher dans un monde si hostile. Heureusement, la fin du premier CD, dès la 8ème piste, nous plonge dans un univers plus doux, humide, animalier, fait de cris amusants et de battements d’ailes. La nature se montre plus accueillante, réconfortante... la vie a triomphé du déchaînement des éléments naturels. Le second CD est, dans cette logique, plus « civilisé », poli, moins agressif, mais à peine chaleureux. La fin du premier l’annonçait déjà, le répit ayant été de courte durée. Tout cela est prétexte à une expérimentation qui n’est pas de tout repos. A chaque écoute, je suis ainsi devenu moins dubitatif et j’ai appris à me laisser séduire par cet ensemble plutôt réussi, souvent captivant, parfois éprouvant. Une chose est sûre : il ne faut pas s’attendre à un disque dansant, ni relaxant... mais on finit, avec un peu de masochisme, par se prendre au jeu et l'apprécier. Alors arrive le plaisir de l'écoute, après l'avoir apprivoisé. C'est un retour aux sources, d'une certaine façon, pour qui se laisse guider par l'imaginaire...

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